la ville invisible

« Le Grand Khan possède un atlas où toutes les villes de l’empire et des royaumes limitrophes sont dessinées palais par palais et rue par rue, avec les murs, les fleuves, les ponts, les ports, les écueils… […] L’atlas a cette qualité : il révèle la forme des villes qui n’ont pas encore de forme ni de nom…. Le catalogue des formes est infini : aussi longtemps que chaque forme n’aura pas trouvé sa ville, de nouvelles villes continueront de naître. Là où les formes épuisent leurs variations et se défont, commence la fin des villes. »

Italo Calvino, Les Villes Invisibles, Le Seuil, 1972

  • Ces images sont issues d’un travail de recherche en cours, mené à Saint-Étienne (42), dans le cadre d’un contrat post-doctoral au CIEREC de l’Université Jean Monnet/IMU Université de Lyon sous la direction de Danièle Méaux (projet OPTIMUM, Observatoire Photographique du Territoire, Images des Mondes Urbains en Mutation). Elles explorent méthodiquement les formes urbaines stéphanoises dans le but de créer un outil d’appréhension visuelle des formes spatiales. À ce titre, elles ne cherchent pas à illustrer des caractéristiques pointées par d’autres disciplines, mais nourrissent une démarche heuristique. Le corpus visuel qu’elles constituent est une invitation à observer les spécificités d’une ville particulièrement riche de diversité formelle. Les problématiques apparaissent par un jeu de comparaisons/combinaisons, et surgissent de la masse des images, infiniment recomposable en de multiples panoptiques. Ainsi, les processus d’accumulation, de saturation, de bricolage vernaculaire, de collages et de greffes ou d’étagement dessinent peu à peu la signature visuelle de la ville.